Les Amazones mulhousiennes très méritantes à Mayotte (journal l’Alsace du 28 octobre 2008)

L’équipe EthikMind a terminé 19 ème du Raid Amazones, qui vient d’avoir lieu dans l’Océan Indien. Une aventure extrême pour trois jeunes femmes désireuses de repousser leurs limites.
Une île paradisiaque pour un programme d’enfer. À Mayotte, dans l’Océan Indien, les 225 participantes du Raid Amazone ont enchaîné les travaux d’Hercule pendant une semaine : deux treks de 14 km sur des dénivelés de plusieurs centaines de mètres, une épreuve en VTT de 38 km, du tir à l’arc et à la carabine, deux courses en canoë de 18 et 16 km…
Là, l’équipe mulhousienne EthikMind engagée dans le Raid, avoue avoir ramé : « Il y avait des creux de 1,50 m et on n’arrivait plus à écoper… On a regretté de n’avoir pu s’entraîner que sur le canal à Mulhouse, mais nous sommes tout de même l’une des rares équipes à ne pas nous être retournées », raconte Stéphanie Grotzinger.
La jeune femme et ses amies sont revenues sur leurs aventures dès leur retour en métropole, vendredi dernier à la Maison de l’Alsace, à Paris, et sur leur belle performance : l’équipe haut-rhinoise a terminé 19 e du raid, malgré le canoë et la cheville douloureuse de Mélodie Bauemlin : « J’ai ruminé pendant deux jours de nous avoir ralenties pendant le trail et nous avoir ainsi fait perdre des places », avoue la benjamine du trio, âgée de 23 ans.
Une marque de la solidarité indispensable au sein d’une équipe, dont les membres doivent courir et terminer ensemble, et plus largement entre toutes les concurrentes. « L’esprit de solidarité est moins présent dans les raids majoritairement masculins, où la compétition prime », estime Mélodie. Les Amazones ont tout de même savouré leur remontée au classement après un démarrage difficile et se pensaient même capables de terminer dans les dix premiers. « Les premières places étaient inaccessibles : les vainqueurs sont des triathlètes, suivies d’équipes de femmes pompiers ou CRS », indique Audrey Meyer, âgée de 30 ans et athlète la plus entraînée du groupe.
Un an de préparation
Les Mulhousiennes disent néanmoins leur satisfaction d’avoir fini le raid « entières et en bonne santé », ce qui n’est pas le cas d’Alsace Amazones, équipe du Bas-Rhin dont l’une des membres a dû renoncer suite à un malaise provoqué par la chaleur. Elles sont ravies d’être arrivées au bout d’un projet qu’il leur a fallu un an à monter, avec notamment beaucoup de temps consacré à côté de leurs métiers pour trouver des sponsors (dont la nouvelle marque mulhousienne de vêtements sportswear équitable, EthikMind, qui s’est chargée de leur com).
Seule ombre au tableau à leurs yeux : le manque de contacts avec les habitants de Mayotte. « À part les enfants sur le bord des chemins qui nous tapaient dans les mains en criant ‘‘courage’’, précise Mélodie. Nous n’avions pas le droit de sortir du bivouac et étions très surveillées.
Les jeunes Mulhousiennes préparent désormais de nouveaux défis : l’Ultra Trail du Mont-Blanc pour Audrey, la Ronde des Crêtes pour Mélodie. Qu’est-ce qui les fait courir ? « L’idée, c’est de tester ses limites mentales, plus que ses capacités physiques que l’on peut connaître en s’entraînant », répond Mélodie. Pas question d’une vie-fleuve tranquille pour les Amazones.
L’Alsace : de notre bureau parisien, Simon Barthélémy (article original)